La fête du 13 janvier ne sera pas célébrée lundi. La journée reste ouvrable. C’est une décision surprise du gouvernement Togolais. La date qui a longtemps divisé les Togolais rentre ainsi dans les tiroirs. Depuis ces cinq dernières années, le pompeux défilé militaire avait été déjà abandonné.

Si la date du 13 janvier du père est un « mauvais esprit » qui gène l’unité nationale, le fils a su désormais l’écarter, comme le dit si bien la première phrase de l’hymne du parti du père RPT- rassemblement du peuple Togolais-, « écartons tous mauvais esprits qui gènent l’unité nationale…. ».

Et c’est au nom de l’Union, de la réconciliation nationale –toujours prônée dans le vieil hymne- que Faure Gnassingbé et son gouvernement ont décidé de suspendre les festivités du 13 janvier, une fête qui a toujours divisé les Togolais.

Alors que tous s’apprêtait donc à observer un lundi férié, où devront se dérouler la sobre cérémonie du 13 janvier –puisque depuis son arrivée au pouvoir, Faure Gnassingbé avait déjà réduit à une cérémonie sobre la célébration de cette date-, le gouvernement, dans un communiqué, a annoncé que cette fête n’aura pas lieu. Et pour cause, des réflexions sont en cours pour instaurer une journée nationale de la réconciliation.

Pour les Togolais, c’est une décision qui peut annoncer une volonté d’aller vers la réelle réconciliation annoncée. Le 13 janvier, une date, deux événements ! C’est le 13 janvier 1963 que le premier président du Togo, Sylvanus Olympio a été assassiné. Et son présumé assassin, le général Gnassingbé Eyadema célèbre chaque 13 janvier, son accession au pouvoir. Durant des années donc, cette date a été une source de discorde entre pouvoir et opposition.

Depuis 2005, à son arrivée à la tête du pays, Faure Gnassingbé a montré des signes de réconciliation –en 2010, il a réussi a signé un accord de paix avec l’historique opposant, Gilchrist oolympio, fils de Sylvanus-, des signes des fois jugés lents. Avec cette décision, la volonté de réconcilier les Togolais semble bien réelle, même si elle paraît une « lente marche ».

Photo @Dr Gnassingbé Eyadema, lors d’un 13 janvier